Equipements électriques : Gare aux dangers de la contrefaçon !

Le groupe Schneider Electric a initié au Cameroun une campagne de sensibilisation des consommateurs contre les matériels électriques contrefaits, qui représentent 40 à 80% du marché africain.

Une vue du marché Congo de Douala ravagé par les flammes.

Les matériels électriques sont de plus en plus contrefaits et inondent l’Afrique. Ils représentent à ce jour entre 40 à 80% du marché.  Au rang  des matériels les plus contrefaits répandus sur le marché, on retrouve des équipements d’usages fréquents tels que les câbles, les disjoncteurs, les prises électriques, les interrupteurs et les rallonges. C’est ce qui ressort d’une enquête réalisée pour le compte de Schneider Electric, le géant spécialisé dans la gestion de l’énergie électrique. Les responsables de cette entreprise soutiennent que l’utilisation de faux produits ont de vrais dangers sur la santé et la sécurité.

« Au-delà des pertes matérielles, l’utilisation des produits contrefaits qui ne répondent pas généralement aux normes de sécurité et de marquage en vigueur peut provoquer des blessures graves ou la mort dans certains cas », indique Anas Benhaddou, le directeur marketing Afrique francophone et Maghreb de Schneider Electric.

80% d’incendie d’origine électrique

Patrick Essame, le chef inspection vérification et mise en service au Bureau Veritas, rappele que 80% d’incendie sont d’origine électrique. Ce responsable d’un des bureaux leaders dans la certification relève qu’il n’est pas seulement question de disposer du bon matériel pour être à l’abri des dangers sur la santé et la sécurité, mais il faut également réaliser de bonnes installations. Patrick Essame déplore le fait que lors des inspections, souvent dans des grandes industries, il soit confronté aux matériels de mauvaise qualité.

«Une fois, nous avons remarqué qu’il y avait une bonne mise en œuvre. Mais lorsqu’on a démonté le matériel et le comparer avec celui homologué, il y avait une grande différence. Sur 10 installations, 0,5 ont une note de calcul conforme. Très peu de techniciens ingénieurs connaissent le matériel», décrie –t-il.

Or, les spécialistes en la matière sont formels. Installer un disjoncteur ou un tableau électrique contrefait peut nuire à l’ensemble de l’installation électrique et causer des accidents graves comme les courts-circuits, les chocs électriques, des incendies.

Schneider Electric sensibilise

Au Cameroun, les douanes et l’Agence nationale de la norme et de la qualité (Anor) se déploient pourtant pour barrer la voie à la contrefaçon. Francis Zibi Zibi, le chef service Elaboration des Normes, indique que cela passe par la surveillance des marchés. C’est-à-dire des descentes pour voir si les distributeurs ont des certificats de conformité.  Mais les efforts restent insuffisants pour tordre le cou à la contrefaçon qui crée un manque à gagner à l’Etat et présente des risques pour le consommateur.

C’est sans doute pour changer la donne que Schneider Electric a organisé le 17 avril 2019 à Douala, une conférence pour sensibiliser les usagers sur les dangers de ce fléau. L’entreprise leader dans la gestion de l’énergie a présenté aux distributeurs et au public un dispositif de contrôle qu’il a mis en place sur ses produits. Il s’agit d’un hologramme qui sera apposé sur les produits pour permettre aux consommateurs de distinguer un vrai produit Schneider d’un produit contrefait.

S’il est parfois difficile de les repérer, certains réflexes doivent aider le consommateur à ne pas se laisser abuser. Cet hologramme repose sur la technologie Izon. On l’a intégré au niveau de l’hologramme par un QR code qu’on peut scanner. Le code redirige le consommateur vers une page pour authentifier le produit.

Le vrai du faux

Le logo de la région est imprimé sous la bande Izon. Sous ce même, se trouve une sérialisation protégée. « Ce numéro de série, on le rentre sur un site internet qui va vous permettre de dire si le produit est vrai ou faux. Ces numéros de série sont uniques, aléatoires (impossible de les copier). Ça veut dire que si vous prenez un nombre aléatoire quelque soit, et si vous essayez de le mettre sur le système, il reconnait automatiquement un vrai d’un faux. On les active par badge. Ces numéros de série ne se suivent pas », détaille un responsable de la boite. Une découpe de sécurité a également été rajoutée sur l’hologramme pour distinguer le vrai du faux.

Selon un récent rapport de l’organisation de coopération de développement économique (Ocde), de 2013 à 2016, la part du commerce mondial de produits contrefaits et piratés s’est considérablement accrue. En 2016, la contrefaçon des produits et les produits de la piraterie ont représenté 3,3 % du commerce mondial. L’Ocde ajoute que l’ampleur du phénomène pourrait miner l’innovation voire freiner la croissance économique.

Mathias Mouendé Ngamo

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