Un allume-feu écologique Made in Cameroon

L’invention de l’étudiante Simone Mboule vise à faciliter la vie aux ménagères et participer à la lutte contre le changement climatique.

Simone Mboule présente l’allume-feu écologique Made in Kmer

Allumer un feu de bois,un four à charbon ou à sciure relève souvent d’un parcours de combattant pour plusieurs ménagères. Elles usent alors de différentes astuces pour arriver à faire jaillir la flamme qui alimentera le foyer pour la cuisson des repas. Lors d’une petite enquête menée dans des quartiers et marchés situés tout près de l’université de Douala, dans la capitale économique du Cameroun, des ménagères ont confié qu’elles utilisent pour la plupart du plastique comme allume-feu. La matière qui abonde dans les rues est à portée de main. A côté du plastique, plusieurs autres femmes de ménage ont indiqué qu’elles utilisent des bouts de frondes, des vielles babouches, de vieux vêtements, des déchets de palmiers à huile, des résidus d’hévéa. Les résultats ne sont pas toujours ceux escomptés.

«Les femmes utilisent tout ce qu’elles trouvent. Les mêmes femmes se plaignent de ce que ça sent mauvais et ça fume beaucoup. L’une d’elle a confié qu’elle ressent des palpitations au cœur quand elle utilise certains de ces combustibles. Des consommateurs et des vendeuses de poisson et viande à la braise ont fait savoir que lorsqu’on allume le feu avec le plastique ou le latex et qu’on pose directement l’aliment, ça altère le goût du poisson et de la viande »,rapporte Simone Mboule Akomo. La jeune camerounaise âgée de 28 ans est au départ de la petite étude menée en 2014 avec l’aide de quelques camarades de promotion de la filière Ecologie-Biodiversité et Environnement à l’université de Douala. La petite équipe d’étudiants, constituée de deux garçons et trois filles, se met aussitôt à cogiter sur l’élaboration d’un allume-feu efficace pour aider les ménagères et lutter à la fois contre le changement climatique.

Challenge Total

A côté de leurs connaissances théoriques acquises sur les bancs, les jeunes étudiants côtoient des entreprises ou Start-up spécialisées dans le développement durable, à travers des stages. L’équipe conduite par Simone Mboule décide par la suite d’implémenter le projet d’allume-feu « écologique ». Les tests en laboratoire débutent en 2016. Pour réaliser leur projet, les étudiants se servent de déchets ménagers tels les peaux d’orange, d’agrumes, de bananes, des déchets de bois (sciure, copeau). Mais l’obtention d’un produit stable, solide, facilement transportable et inflammable même étant mouillé, n’interviendra qu’un an plus tard, en 2017. «Le produit est actuellement sur le marché, mais c’est juste une phase test pour voir si la population adhère. Entre-temps,l’enquête sur les allume-feux utilisés par les ménagères se poursuit à une plus grande échelle, dans les six arrondissements de Douala», détaille Simone Mboule.

D’après les jeunes entrepreneurs-verts, ce projet qui s’inscrit dans le développement durable participe au recyclage des déchets. Toute chose qui va réduire la pollution visuelle,mais aussi les problèmes de santé. Il faudra avant tout faire face au problème d’absence de machines appropriées. La production se fait encore de manière artisanale et les étudiants ont une vitesse de production d’à peine une pièce par minute. En dépit de tous ces obstacles, l’invention de Simone Mboule retient déjà les attentions. Le projet de la jeune camerounaise a été sélectionné à l’édition 2018 du concours Startupper Of The Year du Challenge Total.  

Mathias Mouendé Ngamo

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