Archives des étiquettes : environnement

Cameroun : Pourquoi les inondations vous étonnent ?

Les riverains bloqués au lieu-dit Carrefour Cité des Palmiers à la suite des inindations.

Les riverains bloqués au lieu-dit Carrefour Cité des Palmiers à Douala, à la suite des inondations.

Les habitants de la ville de Douala au Cameroun se réveillent depuis quelques jours avec les pieds dans l’eau. Des inondations sont enregistrées à la suite de pluies diluviennes qui arrosent la capitale économique. Les conséquences sont sans appel. L’eau s’invite dans des domiciles, s’installe sur la chaussée. Des ouvrages  cèdent, coupant la route en deux. De gigantesques embouteillages naissent. La population qui vit un véritable calvaire, ne sait plus à quel saint se vouer. Mais pourquoi ces inondations vous étonnent ? Lire la suite

Jacigreen: De l’électricité à partir de la jacinthe d’eau

Le projet de la nigérienne Mariama Mamane permettra dès début 2019 de produire de l’énergie à partir de cette plante aquatique et d’électrifier 2500 ménages.

Lorsque Mariama Mamane remonte dans ses lointains souvenirs d’enfance, elle revoit le fleuve Niger, beau, calme, clair et attrayant. Elle se rappelle de toutes ces minutes qu’elle pouvait passer à contempler ce joyau de la nature. Mais aujourd’hui, la réalité est toute autre. Le spectacle n’est plus le même. Le fleuve est recouvert en grande partie par la jacinthe d’eau, une plante aquatique invasive. Le cours d’eau est également confronté au problème d’ensablement et de navigation réduite. Quand Mariama Mamane quitte le Niger en 2013 pour aller poursuivre ses études au Burkina Faso, un autre pays de l’Afrique de l’Ouest, elle découvre que les fleuves de ce côté-là sont également menacés par la progression de la jacinthe d’eau. C’est le départ de la prise de conscience. Lire la suite

Recyclage: Des accessoires écolos à votre portée

Un sac-à-main fait à base d'emballages plastiques recyclés. Crédit Photo: Mathias Mouendé Ngamo

Un sac-à-main fait à base d’emballages plastiques recyclés. Crédit Photo: Mathias Mouendé Ngamo

Une dame arbore un chapeau et tient un sac à main faits à base d'emballage plastique recyclé.

Une femme arbore un chapeau et tient un sac-à-main faits à base d’emballages plastiques recyclés. Crédit Photo: Mathias Mouendé Ngamo

Des femmes handicapées basées à Douala, au Cameroun, investissent des dépotoirs d’ordures au quotidien pour recycler des emballages plastiques usagés. Du bout des doigts, elles confectionnent plusieurs gadgets à la fois jolis et utiles. 

 La pluie vient de s’estomper sur la ville de Douala, capitale économique du Cameroun. Marie Louise Noubissie se sert de ses mains pour faire avancer son fauteuil roulant. Elle se déplace entre les petites couches d’eau qui tapissent le sol du quartier Mboppi. La femme handicapée immobilise sa mobylette devant un dépotoir d’ordures. Elle fouille le bac et en collecte les emballages plastiques usagés. Elle les range dans un grand nylon accroché sur son fauteuil roulant. Elle explore d’autres poubelles situées non loin de son domicile.

« Je sélectionne les emballages plastiques encore en bon état, pas déchirés»,

précise la quinquagénaire, Lire la suite

La « danse Bafia » ☆ du gouvernement

Emballages plastiques. La réforme visant la production des emballages plastiques biodégradables au Cameroun a pris deux ans pour être mis en place. A l’heure du passage à la phase répressive, le ministère de l’environnement fait un revirement et penche maintenant pour une production de plastique à épaisseur supérieure à 60 microns. Les producteurs sont confus.

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Pierre Hele, ministre camerounais de l’Environnement, de la protection de la nature et du développement durable. Image d’archives

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Le plastique fait de la résistance

Cameroun. Les agents de la brigade de répression du ministère de l’Environnement sont à pied d’œuvre sur le terrain. Les commerçants se plaignent de la rareté du produit sur le marché. La mesure ministérielle connait des modifications.

ImageUne image saisissante. Une dame qui sort d’un supermarché de Yaoundé. Elle tient serré contre sa poitrine, des bouteilles d’huile végétale, des rouleaux de papiers hygiéniques et autres paquets dont elle vient de se ravitailler. Tout à côté, un monsieur a de la peine à se déplacer avec cinq bouteilles d’eau minérale (de capacité d’1,5 litre chacune). C’est que, le supermarché visité par ces deux clients a connu la descente des agents de la brigade de répression du ministère de l’Environnement. Ils sont venus dans l’optique de sanctionner toute personne qui ne se serrait pas encore conformée à la nouvelle mesure concernant les emballages plastiques au Cameroun. Lire la suite

Les plastiques biodégradables ne seront pas disponibles en avril 2014

Cameroun. Les opérateurs de la filiale déplorent le retard accusé par le gouvernement pour produire la liste des additifs autorisés.

Les emballages plastiques non biodégradables seront bientôt interdits de circulation dans le marché camerounais. Lors d’un point de presse à Yaoundé il y a quelques jours, le ministère de l’Environnement, de la protection de la nature et du développement durable a annoncé le passage à la phase répressive dès le 25 avril 2014. Les opérateurs plastiques sont ainsi appelés à se conformer à la nouvelle norme environnementale avant la date butoir. Seulement, ils déplorent les délais relativement courts fixés par le gouvernement et relèvent des zones d’ombre sur la mesure d’interdiction. « Les débats ne sont pas clos. Il y a des points d’ombre sur certains articles de l’arrêté», indique Gustave Eyango Ekoko, responsable département plastique de Plasticam S.a

Gustave Eyango Ekoko explique que pour passer à l’oxo biodégradable, il faut ajouter un additif au mélange chimique actuellement utilisé. Le responsable département plastique précise que lors du point de presse, le ministre de l’Environnement, de la protection de la nature et du développement durable a indiqué qu’une liste d’additifs autorisés sera produite. La liste est toujours attendue. « Lorsque que le ministre fait cette annonce il reste environ 45 jours avant l’entrée en vigueur de la mesure. Or il faut au moins 60 jours pour commander un additif à l’extérieur et se faire livrer. La liste est toujours attendue. Nous avons déjà passé la commande d’un additif, mais nous ne savons pas si cet additif là fera partie de la liste attendue du gouvernement»,  déplore Gustave Eyango Ekoko.

Mathias Mouendé Ngamo

Les emballages plastiques interdits dès avril 2014

Cameroun. Les  opérateurs de la filiale vont débattre de la mesure gouvernementale interdisant les emballages plastiques « non biodégradables » à l’occasion de la journée de l’emballage, le 04 mars 2014 à Douala.

Des emballages plastiques non biodégradables

Des emballages plastiques non biodégradables bientôt interdits au Cameroun

Les emballages plastiques non biodégradables seront bientôt interdits de circulation dans le marché camerounais. Le ministère de l’Environnement, de la protection de la nature et du développement durable a annoncé le passage à la phase répressive dès le 25 avril 2014. Le ministère propose comme emballages alternatifs l’utilisation des feuilles de macabo, des écorces de bananier, du papier, du tissu, du sac en raphia et tout ce qui est assimilable par la nature.

Lors d’une conférence en 2013 avec le ministre Pierre Hélé, les producteurs de plastiques avaient posé un certain nombre de doléances en rapport avec la mesure d’interdiction. Le ministre a promis d’apporter quelques propositions à leurs préoccupations avant la fin de l’année 2013. Deux mois après l’échéance annoncée, il n’en est rien. Mardi 04 mars 2014, les acteurs de la filiale plastique vont se retrouver à la Chambre des Commerces, des industries, des mines et de l’artisanat (Ccima) de Douala. Ce sera à l’occasion de la journée de l’emballage. Pour cette édition, le programme prévoit en bonne place le point sur la mesure gouvernementale. Les opérateurs du secteur Plastique déplorent au premier plan le fait que la décision du gouvernement n’a pas été prise de commun accord avec les acteurs de la filiale.

A Plasticam S.a, une société de fabrication d’emballages plastiques basée à la zone industrielle de Bassa à Douala, on est tout de même serein.

« La mesure ne nous fait pas peur. Nous avons 53 ans d’existence. Nous sommes entrain de prendre des dispositions. Nous faisons du plastique avec des produits chimiques. Ce qui fait que si nous devons passer dans les plastiques biodégradables, on va passer dans l’oxo biodégradable avec un additif supplémentaire »,

indique Gustave Eyango Ekoko, responsable département plastique de Plasticam S.a. Depuis 2010.

la société ravitaille le Gabon en emballages plastiques biodégradables. A cette date là, le Gabon adoptait la mesure d’interdiction d’entrer en son territoire de tout emballage plastique non biodégradable.  Pour Gustave Eyango Ekoko, cette mesure, si elle est bien appliquée et contrôlée, pourra permettre de lutter contre la concurrence déloyale. Il fait allusion aux petits opérateurs de fortune évoluant en marge de la réglementation. Il craint cependant une augmentation du coût du nouveau produit. Pour cause, 1 Kg de l’additif à ajouter dans l’actuel mélange chimique coûte 10 000 F. Cfa. Il y a en outre la durée de vie de l’emballage biodégradable, entre huit et douze mois, qui pourrait plomber le marché.

Des emballages plastiques non biodégradables..

Des emballages plastiques non biodégradables.

« Si le stock n’est pas écoulé avant la période, le dernier consommateur aura du souci à se faire», explique Gustave Eyango Ekoko.

Selon les statistiques, le Cameroun produit près de 600 000 tonnes de déchets plastiques par an. Le gouvernement camerounais a officiellement lancé la « guerre » contre les emballages plastiques le 12 août 2013, lors d’une conférence de presse à Yaoundé. Le gouvernement avait accordé un délai aux producteurs d’emballages plastiques, pour revoir leurs normes afin de produire des emballages biodégradables. A deux mois de l’échéance, des consommateurs camerounais ne sont toujours toujours pas sensibilisés sur ce qui va véritablement changer. La communication autour de la mesure gouvernementale semble inssufisante ou inopérante.

Mathias Mouendé Ngamo

Humidité, le cancer des bâtiments à Douala

Infrastructures. Selon des experts en génie civil, la teneur d’eau dans l’atmosphère, encore appelée « humidité relative », est un réel danger pour les constructions dans la capitale économique camerounaise.

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Crédit photo @MathiasMouendéNgamo

Akwa, quartier résidentiel et centre des affaires de la capitale économique, Douala, se démarque par de gigantesques bâtiments qui poussent le long des rues. Ici, quelques maisons d’habitation côtoient les bureaux. Les façades et l’intérieur des différents bâtiments ne sont pas toujours reluisants. A quelques encablures du carrefour idéal par exemple, les murs noircis d’un immeuble R+4 sont tapis de mousse végétale. Les garde-fous en acier sont rongés par la rouille. La dalle des balcons s’affaisse progressivement. La peinture se désagrège par endroit à l’intérieur du local situé au rez-de-chaussée. Le même constat est effectué sur certains édifices abritant des services publics au quartier administratif Bonanjo. Au lieu-dit Centre équestre à Bonabéri, quartier périphérique de Douala, le constat est plus alarmant. Des fissures se dessinent sur les murs d’un immeuble R+1, à l’intérieur de la maison. De larges taches grisâtres s’affichent par endroits. Le propriétaire indique avoir plusieurs fois renouvelé la peinture sur les murs, sans résultat durable. Les tâches ressurgissent toujours quelques temps après le réaménagement.

Une ville humide

D’après les ingénieurs de génie civil, tous ces signes visibles sur plusieurs bâtiments à Douala et dans d’autres villes du Cameroun sont dus à l’humidité. « Il m’est arrivé récemment dans un chantier, de voir de l’eau sortir du carrelage. Cela est dû au fait que lors de la construction, l’eau contenue dans le sol se trouvait à un point bas. Et quelques années après, la remontée de l’eau a créé de l’humidité dans le bâtiment», témoigne Joseph Nsegbe, ingénieur de génie civil. Cette humidité, expliquent les ingénieurs de génie civil, a deux origines. Une origine naturelle, c’est-à-dire l’humidité qui provient de l’eau contenue dans l’atmosphère ou dans le sol. Une autre origine, accidentelle, du fait d’un défaut d’entretien ou de la rupture d’une canalisation. En outre, les matériaux de construction (briques, bois, plaques composites, béton) qui sont pour la plupart poreux favorisent la propagation de l’humidité dans les bâtiments à travers le phénomène des infiltrations et des remontées capillaires. « Le bois a 13 à 17% de teneur en eau. La teneur en eau dans l’environnement influe sur les bâtiments et provoque un changement des propriétés », explique le Prof Louis Max Ayina Ohandja, ingénieur civil des constructions, par ailleurs directeur de l’Institut universitaire de technologie (Iut) de Douala.

Les spécialistes relèvent que le problème d’humidité est plus récurrent dans la ville de Douala à cause de la teneur élevée en eau dans l’atmosphère (encore appelée humidité relative). Pendant la saison sèche, l’humidité relative se situe autour de 50% dans la capitale économique. Et pendant la saison de pluie, elle peut atteindre jusqu’à 98%. Les inondations en zones marécageuses favorisent l’expansion du phénomène. Du fait de l’humidité relative donc, les matériaux poreux changent de propriété. Les moisissures se développent, le bois pourrit. La protection des aciers éclate du fait de la corrosion. « Mais tout part de l’eau contenu dans le sol.  A Douala, on a une nappe phréatique trop rapprochée de la surface du sol, et un taux d’humidité relative élevé », indique Michel Tolen, ingénieur de génie civil.

Effondrements et maladies

« Si vous avez une stagnation d’eau sur une dalle et que cette dalle perd son ferraillage par corrosion, eh bien, il peut arriver que cette dalle s’effondre », soutient le Prof Louis Max Ayina Ohandja. Les ingénieurs expliquent que l’eau peut s’attaquer aux armatures métalliques contenues dans le béton, et pousser le bâtiment à l’effondrement. A Yaoundé, il y a quelques années, des infiltrations d’eau dans les murs ont causé l’effondrement d’un bâtiment, apprend-on. Certaines habitudes des populations ou « usages pathogènes » y participent aussi de l’aggravation du phénomène. « En effectuant des travaux, on peut boucher des voies d’aération. Une maison transformée en restaurant par exemple, va générer de la vapeur. Or, il faut que la pièce soit bien aérée pour éviter l’humidité», relève un ingénieur. Il indique que l’eau peut aussi provenir d’un balcon mal étanché. « La conséquence la plus flagrante est esthétique. La peinture se désagrège. Les moisissures s’installent et diffusent des parfums toxiques avec des risques sur la santé », explique-t-il.

Les personnes vivant dans les pièces en proie à l’humidité sont ainsi exposées aux maladies telles que l’asthme et les infections pulmonaires. « Il y a des gens qui ne peuvent pas utiliser une pièce parce qu’il y a de l’humidité. Ca sent mauvais. L’atmosphère est irrespirable», explique le professeur Louis Max Ayina Ohandja. Qui conseille aux populations de toujours avoir de l’aération dans les différentes pièces du domicile. Il demande en outre de se rapprocher d’un ingénieur de génie civil au départ de tout projet de construction d’une infrastructure. « Il y en a qui sont architectes et ingénieurs d’eux-mêmes. Ils font tout seuls. Et après, la rénovation du bâtiment leur revient plus chère que sa construction », déplore un ingénieur de génie civil.

Mathias Mouendé Ngamo

 

Comment combattre l’humidité

Astuces. Les ingénieurs de génie civil proposent quelques solutions préventives.

Les spécialistes en bâtiments s’accordent à dire qu’il n’existe pas de solutions curatives satisfaisantes au problème d’humidité. Ils proposent cependant quelques solutions préventives. Il est surtout recommandé aux propriétaires  d’infrastructures de veiller à l’aération des différentes pièces de l’ouvrage. Et de réduire le volume de l’eau en contact avec le bâtiment. Dans ce cas de figure, il est conseillé de veiller à ce que la couverture (toiture) déborde la façade du bâtiment, de manière à limiter l’impact de la pluie sur le mur. Il est aussi conseillé de prévoir des conduits pour ramener l’eau de pluie vers des caniveaux. « Cette action permet d’éloigner l’eau de la maison et de réduire le volume d’eau souterrain », note Georges Njangtang, président régional de l’Ordre national des ingénieurs de génie civil pour le Littoral.

Les jardinières disposées près de la maison doivent être étanchées. « Il faut privilégier des jardinières en élévation et il faut aussi corriger les méthodes du lavage du sol », conseille un ingénieur. Les spécialistes en bâtiment recommandent en outre, pour des soucis de préservation de la santé, de ne pas vite s’installer dans une maison qui vient d’être crépie. Kisito Ngoa, le président de l’Ordre national des ingénieurs de génie civil, pour sa part, exhorte tout entrepreneur à s’attacher les services d’un ingénieur de génie civil, dès qu’il souhaite construire un bâtiment. « Plusieurs personnes souffrent du problème d’humidité. L’ingénieur de génie civil est là pour vous accompagner dans tout le processus qui va l’étude du sol, jusqu’à la construction de l’ouvrage». Toute chose qui, d’après le président de l’Ordre, permettra de limiter les sinistres.

Mathias Mouendé Ngamo

Interview

« Eviter la précipitation dans les travaux »

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Kisito Ngoa, président de l’Ordre national des ingénieurs de génie civil
Crédit photo @MathiasMouendéNgamo

Kisito Ngoa. Le président de l’Ordre national des ingénieurs de génie civil plaide pour une prise en compte des siens dans tout projet de construction.

L’ingénieur de génie civil est souvent pointé du doigt lorsqu’un bâtiment s’effondre…

Oui. Les ingénieurs de génie civil sont souvent interpellés. Lorsqu’il y a des bâtiments qui s’écroulent, très rapidement on dit que l’ingénieur a mal travaillé. Mais ce qu’il faut savoir c’est que jusqu’à présent nous n’avons jamais pu être certains qu’un ingénieur avait été associé du début à la fin du processus d’un projet. Et donc la responsabilité de l’ingénieur ne peut pas clairement être identifiée. L’interpellation que l’Ordre lance tout le temps, c’est que tous les promoteurs, tous les maitres d’ouvrage fassent confiance aux ingénieurs dès le début du processus. Dès que vous avez l’idée de construire un pont, un bâtiment, une école, vous devez automatiquement penser à l’ingénieur. Celui-ci va vous accompagner tout au long du processus de réalisation de votre ouvrage. Si cela est fait, automatiquement il y aura moins de sinistres. Et si maintenant les ingénieurs avaient des comportements quelques peu déviants, ce qui peut arriver dans une société humaine, l’Ordre est là pour faire cet auto nettoyage, comme l’a demandé le ministre des Travaux publics. L’Ordre a des instances disciplinaires, des commissions d’enquête. Des inspections professionnelles qui existent peuvent aussi traquer au sein de notre profession éventuellement, des ingénieurs qui pourraient être indélicats. En général, la vraie préoccupation que nous avons c’est que nous ne sommes pas impliqués du début à la fin du processus. Et que dès lors, on ne peut pas nous imputer une responsabilité lorsqu’un bâtiment s’effondre.

Lors de l’assemblée annuelle de l’Ordre, vous décriiez la précipitation dans la réalisation de certains travaux

Il ne faut pas qu’aujourd’hui parce que nous avons beaucoup d’investissements reversés dans les infrastructures, que l’on le fasse dans la précipitation. La précipitation c’est-à-dire des études mal élaborée, des études géotechniques qui n’ont pas été prises en compte lorsqu’il s’agit ensuite de faire le calcul des dimensionnements de votre bâtiment. Ca peut être aussi la précipitation liée à un agenda. On a un agenda qui voudrait peut-être qu’à telle échéance on ait construit ceci ou cela. Et dès lors on met une pression qui va elle-même se répercuter négativement sur les travaux et peut-être même le contrôle. Nous interpellons tous les acteurs en leur disant que nous sommes tous avec eux pour les grandes réalisations. Nous sommes d’ailleurs contents parce que normalement l’ingénieur devrait y trouver son compte parce qu’il doit travailler, mais en même temps il doit faire son travail de manière méthodique, en respectant les règles de l’art. C’est le message fort que l’on veut faire passer.

Propos recueillis par Mathias Mouendé Ngamo

Vox pop

Comment luttez-vous contre l’humidité dans le domicile ou le bureau ?

Paul Njine, bailleur

« Eviter les eaux stagnantes »

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Paul Njine, bailleur Crédit photo @MathiasMouendéNgamo

Le plus souvent le problème d’humidité part de la manière avec laquelle le bâtiment a été construit. Lorsque le bâtiment est bien construit, on ne souffre pas de ce type de problème. Pour lutter contre l’humidité, on peut éviter qu’il n’y ait pas d’eau stagnante autour de la maison. Il y a aussi des produits que l’on déverse au sol qui empêchent l’infiltration de l’eau dans les parpaings.

Joseph Nsegbe, ingénieur

 « Aérer le domicile »

ImageL’eau contenue dans le sol ne reste pas à un niveau stable. Il peut avoir des chantiers où lors de la construction, l’eau se situe à un point bas. Et quelques temps après la construction, l’eau remonte vers la surface et crée de l’humidité. J’ai vu récemment de l’eau sortir du carrelage  d’une maison. La remontée de la nappe d’eau est le phénomène le plus insidieux. On peut encore combattre facilement l’eau de pluie. Il faut que les populations acceptent d’investir dans les études de sol. Il faut faire appel à des spécialistes pendant la phase de conception. Il faut aérer la maison. Lorsque l’air circule les effets de l’humidité sont limités.

Arsène Ongolo, ingénieur

« Se confier à un ingénieur »

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crédit photo @MathiasMouendéNgamo

Lorsque l’on veut construire, il faut s’attacher les services d’un spécialiste. Le maçon n’a pas cette formation de conception. Il ne peut pas résoudre le problème d’étanchéité. Il n’y a que l’ingénieur de génie civil qui saura quoi faire, selon les circonstances. Une étude du sol est préalable avant toute construction. Elle permet de situer la nappe phréatique et de déterminer le type de matériaux à utiliser.

Propos recueillis par Mathias Mouendé Ngamo